En bref : un vêtement haute visibilité (gilet, veste, pantalon, parka) doit être conforme à la norme EN ISO 20471, qui a remplacé l'ancienne norme EN 471. Il associe une matière fluorescente (jaune, orange ou rouge) pour être vu le jour et des bandes rétroréfléchissantes pour être vu la nuit dans les phares. La norme prévoit 3 classes selon la surface de ces deux matières : la classe 3 est la plus visible. Sur la route, la classe 2 est le minimum, la classe 3 s'impose hors agglomération, la nuit et par mauvais temps.
La classe d'un vêtement dépend de la surface minimale visible de chacune des deux matières. Plus la surface est grande, plus la classe est élevée. Les chiffres ci-dessous sont ceux de la norme EN ISO 20471:2013+A1:2016.
| Classe | Matière fluorescente (minimum) | Bandes rétroréfléchissantes (minimum) | Exemples de vêtements |
|---|---|---|---|
| Classe 1 | 0,14 m² | 0,10 m² | Baudrier, pantalon porté seul, petites pièces (bonnet, gants) |
| Classe 2 | 0,50 m² | 0,13 m² | Gilet, chasuble, certains pantalons, tee-shirt, veste sans bandes aux manches |
| Classe 3 | 0,80 m² | 0,20 m² | Veste à manches longues, parka, combinaison, ensemble veste + pantalon |
Les deux minimums doivent être atteints en même temps : un vêtement très fluorescent mais avec peu de bandes ne monte pas de classe. La classe 1 ne doit pas être utilisée pour travailler sur ou le long de la voie publique.
Trois couleurs fluorescentes seulement sont admises : le jaune fluorescent, l'orange-rouge fluorescent et le rouge fluorescent. Un vert fluo ou un rose fluo, même très voyant, ne donne pas droit à la norme. Le marine, le noir ou le gris que l'on voit souvent en bas des vestes sont des empiècements non fluorescents : ils protègent des salissures mais ne comptent pas dans la surface visible.
La matière fluorescente sert surtout le jour : elle tranche avec le décor, même par temps gris. La nuit, ce sont les bandes rétroréfléchissantes qui travaillent : elles renvoient la lumière des phares vers le conducteur, qui voit l'agent de loin et ralentit.
Pour la classe 3, les bandes doivent faire le tour du torse et aussi des bras ou des jambes : c'est ce qui permet de reconnaître une silhouette humaine dans l'obscurité. C'est pourquoi un gilet sans manches, même très grand, atteint rarement la classe 3, alors qu'une veste haute visibilité à manches longues ou une parka haute visibilité l'atteignent plus facilement.
Gilet haute visibilité jaune fluo
Gilet haute visibilité orange fluo
Pantalon cargo haute visibilité jaune
Parka 4 en 1 haute visibilité classe 3
Un vêtement haute visibilité est un équipement de protection individuelle (EPI). Son étiquette doit porter :
Ce nombre de lavages est important : au-delà, la matière fluorescente pâlit et les bandes réfléchissent moins, voire plus du tout. Le vêtement n'apporte alors plus la protection annoncée. Quand aucun nombre n'est indiqué, la norme considère que les essais ont été faits après 5 lavages seulement. Respectez la température et évitez l'adoucissant et le sèche-linge s'ils sont interdits par la notice.
La règle de base : c'est l'employeur qui choisit la classe à partir de l'évaluation des risques du poste (le document unique). Le tableau donne les repères les plus courants.
| Métier | Classe conseillée | Pourquoi |
|---|---|---|
| Voirie, travaux sur route | Classe 2 en agglomération, classe 3 hors agglomération | Repère des fiches de prévention : moins de 60 km/h → classe 2, plus de 60 km/h → classe 3. Classe 3 la nuit et par mauvais temps |
| BTP, chantier | Classe 2 minimum, classe 3 près de la circulation | Engins qui manœuvrent, chantier en bord de route, journées d'hiver courtes |
| Espaces verts | Classe 2, classe 3 sur rond-point ou bord de voie | Interventions sur terre-plein, bas-côtés, bruit des machines qui couvre celui des voitures |
| Logistique, entrepôt, quai | Classe 2 en général | Chariots élévateurs, camions en manœuvre sur les quais et les cours |
| Agent de sécurité, parking, événementiel | Classe 2, classe 3 pour régler la circulation la nuit | Se faire repérer par la foule et par les conducteurs |
En pratique, beaucoup d'entreprises équipent leurs équipes d'un gilet haute visibilité de classe 2, léger et facile à enfiler sur la tenue. Pour l'hiver ou le travail de nuit, on passe à la veste ou à la parka de classe 3. Une parka 3 en 1 ou 4 en 1 dont la veste intérieure se porte seule est pratique, mais vérifiez la classe de chaque pièce : la veste intérieure seule n'a pas toujours la même classe que l'ensemble.
Pour les jambes, un pantalon haute visibilité complète la veste. Un ensemble veste + pantalon peut être certifié en classe 3 : c'est alors l'ensemble qui porte la classe, et il faut porter les deux pièces ensemble. Deux pièces achetées séparément ne s'additionnent pas toutes seules : seule l'étiquette fait foi.
Le choix du vêtement ne s'arrête pas à la visibilité. Pour les pieds, voir notre guide des normes des chaussures de sécurité.
Le Code du travail est clair :
Un vêtement haute visibilité délavé, déchiré, aux bandes abîmées ou qui a dépassé son nombre de lavages doit donc être remplacé aux frais de l'entreprise. Sur le domaine routier, l'instruction interministérielle sur la signalisation routière impose aussi un vêtement de classe 2 ou 3 à tout agent qui intervient sur un chantier ou pour une intervention temporaire, quelle que soit la durée. Pour aller plus loin : qui paye les vêtements de travail ?
Afficher le nom de l'entreprise sur un gilet ou une veste est utile : les équipes sont reconnues sur le chantier. Mais un logo recouvre de la matière fluorescente. Si la surface fluorescente qui reste passe sous le minimum de la classe, le vêtement n'est plus conforme à la classe indiquée sur l'étiquette. Les bons réflexes :
Pour un devis de marquage, précisez la classe que vous devez garder et le métier des porteurs : l'emplacement et la taille du logo se choisissent en fonction de cette classe.
L'EN ISO 20471 a remplacé l'ancienne norme EN 471. Elle garde le principe des 3 classes et des deux matières, fluorescente et rétroréfléchissante. Sur un vêtement neuf, cherchez la mention EN ISO 20471.
Le gilet de voiture sert à se signaler en cas de panne. Pour travailler sur un chantier ou au bord d'une route, il faut un vêtement de travail choisi par l'employeur selon les risques, de classe 2 ou 3, et adapté à la taille du salarié.
Il dure jusqu'au nombre maximal de lavages indiqué sur l'étiquette, ou moins s'il est délavé, taché ou si les bandes sont abîmées. Il faut alors le remplacer.
Oui, c'est l'usage le plus courant. Choisissez une taille qui ferme bien sur le manteau : un gilet trop petit ou ouvert laisse voir moins de surface fluorescente.